Malgré les bombes, les journalistes syriens tentent d’informer

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Les deux journalistes syriens, de passage en Suisse, viennent d’Idlib, dans le Nord-ouest du pays. C’est aussi le dernier bastion de l’opposition syrienne.

Interview d’Akram Al-Ahmad et Rim Ahmad sur Radio Télévision Suisse, vendredi 31 mars 2017.

«A Idleb sous les bombes d’Assad, nous vivons au Moyen Age!»

Syrie En Suisse, deux journalistes syriens témoignent. Et insistent que la société civile est toujours là, vibrante.

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Akram Al Ahmad et sa collègue Rim Ahmed témoins d’une population civile prise au piège des frappes du régime. (Photo: Laurent Guiraud /TDG)

Pas question d’abandonner Idleb, cette province du Nord syrien qui résiste encore et toujours au régime Assad! Akram Al Ahmad est le fondateur du Syrian Press Center, l’une des rares agences de médias libres. Quant à Rim Ahmed, elle aussi journaliste, son travail porte en particulier sur le sort des femmes. Invités en Suisse par le Collectif des amis d’Alep, ils donnent une conférence ce mardi à 17 h 15 à l’Université de Lausanne (immeuble Geopolis) et ce mercredi à 18 h 30 à Genève (Uni Mail). Témoignages sans fard.

Pourquoi dites-vous que nous avons une vision biaisée de la Syrie en Occident

Akram: Vos médias donnent l’impression qu’il n’y a plus en Syrie que le régime Assad et les extrémistes religieux. En réalité, il y a toujours un mouvement civil vibrant: des journalistes, des médecins, des enseignants, des ingénieurs et des conseils locaux qui tentent de fournir des services de base aux quartiers et aux villages malgré les bombardements.

Rim: Beaucoup de femmes s’activent, dont les volontaires qui depuis le début du conflit armé soignent les blessés en cachette, dans des maisons privées…

A quoi ressemble la vie à Idlib, sous les bombes?

Akram: Le régime a coupé l’eau et l’électricité dans les régions dont il a perdu le contrôle. La livre syrienne s’est effondrée. L’inflation est galopante. Le chômage explose. Beaucoup d’usines ont fermé à cause des frappes et des champs ne sont plus cultivés par peur des munitions non-explosées. Faute de moyens, les gens changent d’alimentation. Un ami boucher vendait 400 kg de viande par jour en 2011, aujourd’hui il ne parvient plus à en écouler que 5 kg quotidiennement.

Rim: Oubliez l’eau courante, la cuisinière électrique et la machine à laver! Les mères doivent marcher jusqu’au puits le plus proche, parfois à plus d’un kilomètre, et ramener un seau plein qu’elles portent sur leur tête. Elles cultivent leur jardinet, s’il y en a un, et sortent de la ville à la recherche de fruits, de légumes, de racines… et de blé! Les boulangeries sont prises pour cible des bombardements, elles font elles-mêmes leur pain. Et bien sûr, il leur faut cueillir du bois pour faire un feu.

Akram: C’est le Moyen-Age!

La chute d’Alep a-t-elle aggravé les choses pour Idlib?

Akram: Bien sûr! Beaucoup d’Alépins sont venus se réfugier dans la région, augmentant une population déjà en crise. Et Idlib est davantage ciblé par les bombardements.

Les groupes islamistes radicaux ont servi de prétexte aux frappes du régime à Alep. Quelle est la situation à Idlib?

Akram: En réalité, le régime tue plus de civils (femmes, enfants, personnes âgées) que d’extrémistes. Nos bureaux ont été frappés, mais pas toujours les QG des groupes radicaux. Sous nos centres, il y a toujours un abri souterrain. Celui de Hama a été bombardé le mois dernier. Nous sommes menacés à la fois par le régime, par Daech et par d’autres groupes islamistes. Travailler comme journaliste est très dangereux, mais beaucoup d’étudiants viennent malgré tout se former chez nous. Et dans les zones sous contrôle du régime, nous avons des correspondants qui risquent leur vie pour faire passer l’information.

Sans électricité, comment les Syriens accèdent-ils à l’information?

Akram: Nous avons, pour chacun de nos bureaux, un générateur et des capteurs solaires. Quant à nos lecteurs, ils se connectent par téléphone mobile, un outil de survie en Syrie, qu’ils rechargent aux générateurs de quartier. Les gens sont avides d’information, ils veulent être avertis des évolutions sur le terrain. Même ceux qui vivent dans les régions contrôlées par le régime, car ils ont de la famille ou des amis en zone libérée. Sur notre site, nous avons deux millions de visiteurs par mois. Et autant d’abonnés à notre page Facebook. Beaucoup se connectent via le réseau turc.

La Cour pénale internationale est paralysée. Mais un juge à Madrid enquête sur la détention illégale, la torture et l’exécution en Syrie du frère d’une citoyenne espagnole. Est-ce important?

Akram: Cela veut dire que la justice est possible! La grande majorité des crimes sont commis par le régime. S’il n’y a plus d’impunité, peut-être certains responsables arrêteront de commettre des exactions. En tout cas, nous documentons les crimes de guerre pour aider les juges qui s’en saisiraient.

Comment voyez-vous l’avenir?

Akram: Nous sommes certains qu’à la fin, nous vivrons en démocratie comme tant d’autres pays. Nous payons le prix fort, mais un jour on y arrivera. Je vous le redis, la société civile n’est pas morte.

Source: Andrés Allemand, 28 Mars 2017 (Tribune de Genève)

Akram Al-Ahmad, invité de 28 minutes: la vie brisée des familles syriennes.

J’ai vu la vie brisée des familles syriennes sous les bombes

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Akram Al-Ahmad est journaliste, fondateur et directeur du « Syrian Press Center », une des premières agences de médias libres de Syrie. Il forme aussi des centaines d’activistes à ce métier dangereux de journaliste : « former des journalistes c’est bâtir les bases de la Syrie démocratique initiée par la révolution ».

Pour Akram Al-Ahmad, les médias occidentaux n’informent pas assez sur la situation de la société civile. Pour lui, il se doit de rester dans son pays pour transmettre ce qu’il s’y passe : onze millions de syriens déplacés, quatre millions de personnes sont réfugiées, le régime tue des civils et bombarde les bureaux journalistiques plutôt que les QG des groupes radicaux. Pour l’Occident, la Syrie est souvent réduite aux images de tueries de Daech et du régime, mais, selon Akram Al-Ahmad, il faut aussi savoir que la société civile en Syrie est vivante et lutte pour sa liberté.

Akram Al-Ahmad sera avec nous ce soir pour partager son témoignage.

Source, et vidéo de l’interview: ARTE. Akram Al-Ahmad / Brexit : faut-il punir la Grande-Bretagne ? Jeudi 30 mars 2017.

Les journalistes syriens, entre le marteau d’Assad et l’enclume Daech

Télérama a recueilli les témoignages des journalistes d’Alep: Youcef Seddik,  Reem FadelLouai Abo Al-Joud & Zein Al-Rifai. Une conférence à Bruxelles est prévue avec deux d’entre eux demain… Elle risque bien d’être annulée suite aux attentats du 22 mars: Lire la suite

Porter la voix des journalistes d’Alep. Photos 2016.

Paris 2016:

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« Porter la voix des journalistes d’Alep », presse 2016.

Les journalistes alépins Youcef Seddik,  Reem FadelLouai Abo Al-Joud & Zein Al-Rifai, témoignent:

YoucefSeddikReemFadelLouaiAboAlJoudZeinAlRifai

Reportage (15 avril 2016): « Portraits de journalistes d’Alep », réalisé dans le cadre de l’événement « Portraits de Réfugiés ». Zein al-Rifaï, Louai Abo al-Joud, Reem Fadel, Youcef Seddik:

Le peuple syrien c’est 24 millions d’habitants, 12 millions de déplacés, dont 6 réfugiés à l’extérieur du pays.

2 Rives TV (14 avril 2016). Interview de Louai Ado Al-Joud.

RCFradio (7 avril 2016). Interview de Youcef Seddik « Syrie: le témoignage choc d’un journaliste d’Alep »:

je ne pensais pas que le monde entier serait si indifférent sur ce qui se passe en Syrie. C’est une honte pour le monde, pour l’humanité. Il faudra des dizaines d’années pour recenser ce qui s’est passé là-bas

RCF radio (6 avril 2016). Interview de Zein al-Rifaï,  « Où en est la Syrie? Témoignage exclusif d’un journaliste d’Alep »:

témoin direct de boucheries, de situations très difficiles, sans pouvoir rester inactif. Des moments qui m’ont fait abandonner mon métier de journaliste pour devenir secouriste.

France 3 Rhône Alpes (5 avril 2016), interview de Reem Fadel.

Télé Lyon Métropole, journal du soir (4 avril 2016): interviews de Zein al-Rifaï, Youcef Seddik, Reem Fadel.

La Dépêche du Midi, 30 mars 2016. Interview de Louai Abo Al-Joud et Reem Fadel, « Syrie : ils racontent l’enfer et l’espoir« :

« Nous sommes capables de trouver une solution entre nous »

Louai: « Après avoir écarté la mafia du régime Assad, il faudra traduire tous les criminels de guerre devant les tribunaux internationaux, et construire à partir des structures préservées de l’Etat et des départements en Syrie, avec la société civile qui fait de la résistance. Nous sommes capables de prendre en main le nouvel Etat de l’après Assad. On est des sentimentaux, nous sommes capables de trouver une solution entre nous»

Reem: «L’Europe panique en se disant, si Assad chute, c’est le chaos. Mais non, nous sommes prêts à relever le défi avec toute l’opposition modérée, ceux qui n’ont pas de sang sur les mains et tous ces citoyens de la société civile. Nous n’avons pas besoin de chef de l’opposition, c’est le peuple syrien qui les désignera.» !

La Provence (28 mars 2016). « Daech a éclipsé toute autre information sur la Syrie », interview de Louai Abo Al-Joud & Reem Fadel:

J’ai été fait prisonnier par le régime et par Daech. L’un m’accusait d’être islamiste, l’autre laïc. Mais les deux me traitaient de mécréant. J’étais en cellule d’isolement, comme d’autres journalistes et notamment James Foley (otage américain qui sera exécuté, NDLR ) ou des officiers de l’Armée syrienne libre […] Il faut qu’Assad soit traduit devant un tribunal pénal international. De sa chute dépendent les droits du peuple syrien et le sort des réfugiés: ceux-ci ne peuvent être considérés comme de la marchandise. Lorsque le régime sera tombé, tous rentreront en Syrie. Pour nous aider à renverser le régime, il nous faut un soutien dans le domaine de l’aviation […]On n’en finira pas avec ce groupe terroriste [Daesh] tant qu’on n’en finit pas avec le régime d’Assad. Car même si Daech est exterminé, d’autres groupes terroristes prendront le relais […] Aucun rebelle n’est passé du côté de Daech, les valeurs prônées sont opposées. Les rebelles militent pour la liberté d’expression, les droits de l’Homme […] D’ailleurs, il y a très peu de Syriens chez Daech alors que de nombreux Européens ont rejoint leurs rangs.

France 3 Languedoc-Roussillon (28 mars 2016). Reportage sur Youcef Seddik,  Reem Fadel, Louai Abo Al-Joud & Zein Al-Rifai.

Télérama a recueilli les témoignages de Youcef Seddik, Reem Fadel, Louai Abo Al-Joud & Zein Al-Rifai (22 mars 2016),  « Les journalistes syriens, entre le marteau d’Assad et l’enclume Daech »:

Radio Télévision Suisse (22 mars 2016). Interview de Reem fadel et Louai Abo Aljoud, « Deux journalistes militants syriens racontent comment on informe en Syrie »:

Deux journalistes et militants des droits humains syriens, qui ont fui la région d’Alep pour la Turquie il y a quelques mois après avoir subi la répression, étaient lundi à Lausanne. Ils sont venus raconter comment on informe coûte que coûte aujourd’hui en Syrie.

BFM TV (21 mars 2016). Portraits de l’agence de presse Aleppo Media Center et son directeur:  Youcef Seddik, un journaliste syrien prêt à tout pour informer l’Occident:

Il vit dans la partie tenue par l’opposition, dans des quartiers dévastés où seulement 10% des habitants sont restés.

RFI, CHRONIQUE DES DROITS DE L’HOMME (Diffusion: 19 mars 2016). « Syrie: les citoyens-reporters bravent tous les dangers ».
Interview par Le Monde (19 mars 2016). « Trois questions à Zein Al-Rifai« :

Puisqu’on vit dans des régions dominées par l’armée syrienne libre, nous pratiquons notre travail avec une liberté totale, sans qu’il n’y ait ni contrôle, ni censure. Dans la ville d’Alep, qui est sous la domination de l’armée syrienne libre, il y a beaucoup de facilités pour les journalistes.

Interviews sur Europe1 (15 & 16 mars 2016)« Désormais à Alep, on entend le chant des oiseaux », Reem Fadel, Louai Abo Aljoud, Zein al-Rifaï & Youcef Seddik:

« les Syriens de notre génération ne connaîtront sûrement pas la paix, mais nous travaillons pour les générations futures qui, elles, connaîtront une Syrie libre, c’est certain »

Journal Soir3, France Télévisions (15 mars 2016)Syrie : des reporters qui risquent leur vie pour informer, reportage sur les journalistes Louai Abo Aljoud, Reem Fadel & Zein al-Rifaï.

http://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-3/soir-3/jt-grand-soir-3-mardi-15-mars-2016_1351023.html

Arte Journal (15 mars 2016). Youcef Seddik est l’invité du journal entièrement consacré à la Syrie.

Le Centre de presse d’Alep (AMC) travaille régulièrement avec l’AFP, Reuters ou d’autres médias occidentaux. Sa rédaction est composée de trente-cinq journalistes et techniciens

Interview par l’Obs (15 mars 2016)Lire la suite

Youcef Seddik invité par ARTE Journal, le 15 mars 2016.

Quatre journalistes d’Alep,  Youcef Seddik,  Reem FadelLouai Abo Al-Joud & Zein Al-Rifai rencontrent le public dans seize villes de France, Suisse et Belgique, du 8 mars au 10 avril 2016: Programme des conférences de Porter la voix des journalistes d’Alep.

Youcef Seddik sera le grand invité d’ARTE Journal le 15 mars,

il est directeur de l’agence de presse Aleppo Media Center (AMCsite, Facebook, Twitter).

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Porter la voix des journalistes d’Alep: programme des conférences.

Quatre journalistes d’Alep dont deux responsables d’agences de presse seront présents en France, en Belgique et en Suisse du 8 mars au 10 avril 2016 dans le cadre du projet « Porter la voix des journalistes d’Alep ».

Programme des principaux événements publics:

TOURS: 11 mars, table ronde (Assises internationales du Journalisme)// PARIS: 12 mars, rassemblement en commémoration à la 5ème année du soulèvement syrien/ 15 mars: conférence de presse/ 16 mars: réunion publique/ 18 mars: café citoyen// RENNES: 14 mars, conférence// CAEN: 21 Mars, conférence publique// LAUSANNE: 21 Mars, conférence publique// GENEVE: 22 mars, conférence & débat// MARSEILLE: 23 mars, « La semaine de la presse à l’école »// BRUXELLES: 23 mars, conférence publique à l’ULB// AIX-en-Provence: 24 mars, conférence publique// LODEVE: 26 mars, conference publique// MONTPELLIER: 27 mars, journal citoyen/ 29 mars, conférences et tables rondes publique/TOULOUSE: 29 mars, conférence publique// CANNES: 30 mars, conférence école de journalisme// ANNECY: 31 mars, conférence publique// PARIS (bis): 1er avril, conférence publique à l’Institut du Monde Arabe  où ils seront accueillis par Jack Lang// GRENOBLE: 4 avril, conférence Sciences Po// LYON: 5 avril, conférence à l’Ecole de journalisme ISCPA6 avril, conférence Sciences Po8 avril, conférence publique/

Facebookenvent:https://www.facebook.com/events/202959183390376/

Invitations Facebook, à partager: https://www.facebook.com/events/202959183390376/

« Porter la voix des journalistes d’Alep »:

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«Porter la voix des journalistes d’Alep». Journal vivant à Montpellier: 27 mars.

Journal vivant avec quatre journalistes syriens:

Youcef Seddik,  Reem FadelLouai Abo Al-Joud & Zein Al-Rifai

Le 27 mars à 15h, au café Riche, place de la Comédie, Montpellier. Événement organisé par l’écrivain Nourdine Bara, avec la participation de Jacques Molénat (co-fondateur de RSF), et Frédéric Mayet (journaliste à Midi-Libre):

https://www.facebook.com/nourdine.bara.5/posts/996024763805762

Conférences publiques, tables rondes, documentaire, repas syrien avec les journalistes Youcef Seddik & Zein Al-Rifai, le 29 mars de 14h00 à 22h30: Espace Pitot, salle Guillaume de Nogaret, Place du Professeur Mirouze, 34000 Montpellier.

Programme des conférences de Porter la voix des journalistes d’Alep, du 8 mars au 10 avril 2016, dans seize villes de France, Suisse et Belgique.

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« Porter la voix des journalistes d’Alep », presse 2015.

Les journalistes alépins Youcef SeddikLouai Abo Al-Joud & Zein Al-Rifai, témoignent dans la presse française en 2015:

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Interview de Youcef Seddik à Télérama le 01/12/2015.

Le Dauphiné, sur les interventions de  Louai Abo Al Joud & Youcef Seddik à Lyon le 26/11/2015, et à Grenoble le 27/11/2015.

Maison des journalistes le 25/11/2015.

Interview de Louai Abo Al Joud par Radio France Bleue le 24/11/2015.

Reportage de l’AFP sur ZeinAl-Rifai le 19/11/2015.

Conférences à Paris le 18/11/2015.

Rencontre de Louai Abo Al Joud & Youcef Seddik avec Medias-Citoyens le14/11/2015.

Blog Un oeil sur la Syrie, 10/11/2015.

Programme des conférences de Porter la voix des journalistes d’Alep, du 8 mars au 10 avril 2016, dans seize villes de France, Suisse et Belgique.

Presse 2016.