Akram Al-Ahmad, invité de 28 minutes: la vie brisée des familles syriennes.

J’ai vu la vie brisée des familles syriennes sous les bombes

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Akram Al-Ahmad est journaliste, fondateur et directeur du « Syrian Press Center », une des premières agences de médias libres de Syrie. Il forme aussi des centaines d’activistes à ce métier dangereux de journaliste : « former des journalistes c’est bâtir les bases de la Syrie démocratique initiée par la révolution ».

Pour Akram Al-Ahmad, les médias occidentaux n’informent pas assez sur la situation de la société civile. Pour lui, il se doit de rester dans son pays pour transmettre ce qu’il s’y passe : onze millions de syriens déplacés, quatre millions de personnes sont réfugiées, le régime tue des civils et bombarde les bureaux journalistiques plutôt que les QG des groupes radicaux. Pour l’Occident, la Syrie est souvent réduite aux images de tueries de Daech et du régime, mais, selon Akram Al-Ahmad, il faut aussi savoir que la société civile en Syrie est vivante et lutte pour sa liberté.

Akram Al-Ahmad sera avec nous ce soir pour partager son témoignage.

Source, et vidéo de l’interview: ARTE. Akram Al-Ahmad / Brexit : faut-il punir la Grande-Bretagne ? Jeudi 30 mars 2017.

Conférence avec Akram Al-Ahmad, fondateur de «Syrian Press Center »: une des premières agences de médias libres en Syrie.

Le 18 mars, à la Maison Internationale de Rennes.

« Former des journalistes c’est bâtir les bases de la Syrie démocratique initiée par la révolution ». Lire la suite

Rencontre avec deux activistes Syriens d’Alep et d’Idleb. 17 mars à Bordeaux.

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Conférence – témoignage

Suite à la reprise d’Alep-Est par le régime syrien et aux déplacements forcés de ses habitants vers les campagnes d’Alep et la province d’Idleb, il est urgent de continuer à informer l’opinion publique en France et ailleurs en Europe sur la situation dans cette région de la Syrie sous contrôle de l’opposition qui est, comme d’autres territoires plus restreints, toujours la cible de bombardements du régime et de ses alliés Lire la suite

Témoignage de Younès Shasho: humanitaire d’Alep. Le 23 mars à Marseille.

Conférence-témoignage

Amnesty International Marseille vous invite à rencontrer Younès Shasho, humanitaire syrien à Alep, le 23 mars 2017. Lire la suite

Lyon: rencontre avec deux journalistes Syriens. 23 mars à la Mairie du 1er.

Conférence-témoignage

« Les transformations de la société Syrienne suite à 6 années de conflit » Lire la suite

Il faut sauver Alep: le devoir des nations libres.

: Président chez CERAP (Centre d’étude et de réflexion pour l’action politique).

Nous sommes à un moment particulier de notre histoire, l’un de ceux où le jugement qu’elle portera sur nous sera guidé par l’action que nous entreprendrons – ou ce que nous ne ferons pas. Les questions intérieures sont secondaires dans cette perspective, si accessoires et dérisoires, comme le devient chacune de nos tâches quotidiennes. Cessons de divaguer vers le futile et regardons le monde : les pages noires s’y écrivent à nouveau – en Ukraine, au Yémen, au Nigéria, en Birmanie, en Irak, et, plus encore que partout ailleurs, en Syrie.

Oui, à nouveau et sans relâche, nous devons reparler de la Syrie, le drame le plus absolu de ce siècle et une tache ineffaçable sur notre conscience à tous – de ceux qui ne s’en soucient pas et, plus encore, de ceux qui devraient quotidiennement et prioritairement s’employer à agir.

Ce qui se passe là-bas depuis désormais plus de cinq ans – cinq ans où nous n’avons rien fait, même si la France l’a bien tenté en 2013 – dépasse l’entendement en horreurs et souffrances. Rien de cela n’est nouveau: non, pire encore, c’est devenu perpétuel. C’est notre quotidien – et surtout le leur. Nous avons parfois l’impression que ces 2000 jours deviennent une forme d’éternité que tout espoir a fui.

Rien de nouveau, mais plus que jamais le crime. Le présent est celui-ci: tous les médecins d’Alep out été tués un à un, méthodiquement, comme ce sublime docteur Maaz, au visage lumineux et doux, par les gangs d’Assad appuyés par Poutine et l’Iran; des centaines de personnes, dont femmes et enfants, meurent chaque jour. Les hôpitaux, les écoles, les marchés sont délibérément visés par l’aviation du régime et par ses alliés russes. 470 000 personnes – si la Syrie était la France, cela serait 1,5 million – sont déjà mortes ; plus de 2 millions sont blessées ; 12 millions ont quitté leur ville, et sont déplacés ailleurs dans le pays, ou, pour plus de la moitié d’entre eux, réfugiés – et nous devons bien sûr les accueillir. L’asile est sacré et ne se négocie pas.

Comme Guernica, Auschwitz et Srebrenica, Alep marque la faillite du monde; il n’y a plus ni morale, ni repère, seulement l’indifférence devant le crime contre l’humanité. Assad et ses sicaires devront en répondre devant la Cour internationale de Justice. Hélas, les États-Unis deviennent complices de ce crime si l’on en juge par le dernier accord en date avec Moscou, aussi inepte et incompréhensible que répugnant. Ils laissent la Russie appuyer les crimes de guerre d’Assad et en commettre elle-même. Pour les Etats-Unis comme pour l’Europe, au-delà de la morale, il s’agit aussi d’une faillite stratégique grave dont les conséquences se feront longtemps sentir Lire la suite

Stratégie de la destruction

par Leïla Vignal , le 29 mars

Depuis cinq ans, la population syrienne est l’objet d’une intense répression de la part d’un régime qui applique une politique massive de destruction, contraignant plus de la moitié des Syriens à quitter leur domicile et menaçant gravement l’avenir d’un pays vidé de ses forces.

Mes remerciements vont à Loïc Rivault, enseignant de géographie à l’Université Rennes-2, pour notre dialogue nourri autour du conflit syrien et sa généreuse autorisation à faire usage des cartes qu’il réalise, et dont certaines figurent dans cet article.

Une demi-décennie s’est écoulée depuis les premières manifestations du printemps 2011 réclamant en Syrie droits et dignité. Le régime de Bachar al-Assad y a répondu dès le premier jour par une répression brutale. Cette réponse sécuritaire, engageant d’emblée l’appareil de violence de l’État, était assumée : on se souvient de la déclaration de Rami Makhlouf, le cousin du président Assad, à la tête d’un empire économique acquis à la faveur des politiques de libéralisation des années 2000, en mai 2011 : « Nous irons jusqu’au bout » [1]. L’économie de la violence, orchestrée par ses nombreux services de sécurité, est l’un des piliers de la résilience du régime syrien [2].

La Syrie de 2011 était urbaine. Environ 75 % des 21 millions de Syriens résidait dans un ruban de villes situées pour l’essentiel du nord au sud dans la partie ouest du pays et le long de la vallée de l’Euphrate. La badya (la steppe) occupe en effet le reste du territoire. De grandes métropoles régionales ou nationales (du nord au sud : Alep, Hama, Homs, et Damas) polarisaient la croissance urbaine, relayées par un tissu important de moyennes et petites villes. C’est sur cette Syrie urbaine que s’exerce l’essentiel de la violence conflictuelle depuis 2011, avec son corollaire de morts, de blessés, de déplacements de populations et de destructions.

Les destructions sont, à l’évidence, inhérentes aux conflits armés. Cependant, en Syrie, leur ampleur, leur nature et les conséquences qu’elles entraînent — en particulier les déplacements massifs et sans doute durables de population — interdisent de les considérer comme de seuls dommages « collatéraux » de l’affrontement, inévitables et regrettables. En effet, l’étendue du désastre syrien et l’effondrement très rapide d’une société apparemment structurée poussent à s’interroger sur les formes de violence exercée et à analyser la place qu’occupent les destructions et les déplacements de population dans le conflit syrien.

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Conférence: Porter la voix des journalistes d’Alep. Montpellier, 29 mars 2016.

Conférence publique avec les journalistes syriens:

Youcef Seddik & Zein Al-Rifai

YoucefSeddikZeinAlRifai

Le 29 mars de 14h00 à 22h30, Espace Pitot Lire la suite

Des signatures comme armes pour la paix en Syrie.

Deux associations d’opposants syriens au régime de Bachar El Assad font signer une « Charte de la liberté » afin de ramener la paix en Syrie et fixer les principes fondamentaux de la future société syrienne.

Lorsqu’il l’a vu arriver devant sa carriole, il y a quelques semaines, Abdul Kader Kurdiya s’est mis à pleurer. Voilà plus de quatre ans qu’il l’attendait. Ce jour-là, ce marchand de Kilis, modeste ville turque à la frontière syrienne, a sagement écouté le discours de Waad Atli, militante des Comités locaux de coordination en Syrie (LCC). Devant la gare d’autobus, au milieu d’une myriade d’échoppes syriennes, la jeune femme lui a présenté la « Charte de la liberté » : un texte appelant à un « État de droit indépendant et souverain », où les Syriens sont « égaux devant la loi, sans distinction de religion, d’ethnie ou de sexe ». Un doux rêve. Ce jour-là, la peur au bout du stylo, Abdul a signé « pour la démocratie », un acte qui peut coûter la vie. « Depuis la révolution, on nous avait oubliés, déplore-t-il. Où était l’opposition? Personne ne nous avait jamais demandé ce qu’on voulait pour notre pays… » Depuis, Abdul s’est mué en un relais efficace, stockant discrètement une pile de pétitions dans sa carriole. Mais il ne peut s’empêcher de pointer du doigt une opposition syrienne divisée depuis le début de la révolution. « Pourquoi cette charte arrive-t-elle si tard? »

« Si ça peut faire la différence, on signe »

Le projet, né en 2012, a mis plusieurs années avant de voir le jour. « C’est la plus grande enquête de ce type jamais réalisée dans le pays », rapporte Rafif Jouejati, son instigatrice via l’association Free Syria et les LCC, un important réseau de militants de terrain. Il a d’abord fallu réunir les fonds – 240.000 dollars alloués par le département d’État américain – pour lancer un grand questionnaire en Syrie, mais aussi au Liban, en Turquie et en Jordanie auprès des réfugiés. Il a fallu décortiquer les 50.000 fiches obtenues, dont 30.000 dans toute la Syrie. Fin 2014, la « Charte de la liberté » voyait le jour, inspirée de la charte sud-africaine de l’ANC de 1955. Un véritable baromètre de la société syrienne, décimée après quatre ans et demi de guerre [Suite: LeJDD, 21 décembre 2015].